Causette dépoussière le féminisme
Sortie samedi dans les kiosques du nouveau numéro de Causette, consacré au féminisme. L’occasion de réaliser une interview décalée avec son… fondateur !
Grégory Lassus-Debat, ancien journaliste pigiste de Charlie Hebdo et de L’Humanité,
fondateur de Causette.
Causette, c’est qui ?
C’est une femme curieuse, alerte, bienveillante, non consensuelle, qui aime hurler quand quelque chose l’énerve, très honnête intellectuellement. Elle peut être dure, voire méchante, elle a de l’humour tout en ne riant pas de tout. Une journaliste féministe !
Le ton Causette ?
Léger, sérieux, décalé, original, acide, parfois sarcastique.
Qui se cache derrière Causette ?
Une rédaction composée d’une douzaine de journalistes professionnels entre 25 et 30 ans, à 95% des filles issues de la presse généraliste et non féminine, une rédactrice en chef - Bérangère Portalier – l’unique salariée, un photographe de talent Christophe Meireis qui met un point d’honneur à ne pas retoucher les images, deux jeunes illustratrices (Morpheen et Stéphanie Rubini), et deux fondateurs-dirigeants bénévoles, Gilles Bonjour et moi-même.
2 hommes à l’initiative de Causette ?!
Nous sommes les premiers à nous en attrister. Peut-être que personne n’a voulu prendre le risque de faire une presse féminine différente… Le fait que ce soit des hommes pose surtout un problème à certaines féministes intégristes. Pas à nous. J’ai toujours été un grand féministe dans l’âme.
Le féminisme, grande cause de Causette ?
Oui. Causette veut dépoussiérer le féminisme, le remettre au goût du jour, qu’il soit vécu non pas comme une doctrine, une idéologie, mais qu’il soit avant tout décomplexé et quotidien. Je suis d’ailleurs étonné par le nombre de femmes s’exclamant « je ne suis pas féministe, mais… ». Comment peut-on être une femme et ne pas être féministe ? Un noir peut-il dire qu’il n’est pas anti-raciste ? Je regrette qu’il y ait une vraie connotation péjorative liée au mot féminisme.
Qui sont les copines de Causette ?
Nous avons quatre types de public : les jeunes filles entre 15 et 25 ans qui refusent de consommer la presse féminine d’aujourd’hui, les femmes d’une quarantaine d’années qui ne lisaient pas la presse féminine et qui s’y sont mises avec Causette, les femmes plus âgées nostalgiques des années 70, comme Benoite Groult. Elle nous a avoué ne plus avoir rien lu de tel depuis F Magazine. Et enfin, les hommes.
Comment vit Causette sans pub ?
Pour l’instant, grâce aux ventes en kiosque et aux abonnements (plus de 500 à ce jour). Il y aura de la pub mais pas plus de 10 pages sur les 100 du magazine. Nous ne voulons pas devenir un catalogue de la Redoute !
Quelques sujets traités depuis la sortie du magazine en mars 2009
Une prostituée grand-mère, un dossier sur les seins, des femmes SDF belges, un hommage à Nathalie Estemirova, les 50 ans du planning familial, la République démocratique du Congo, un portrait de Antoinette Fouque, les femmes battues...
Causette, Bimestriel, 4,90 euros





07/11/2009 10:14
Ca a l'air super. Juste le truc que j'attendais. Je vais voir. Muriel