Douze femmes engagées contre l’injustice


ParCorinne Dillenseger, publié le02 septembre 2009

Annick Lacroix, journaliste dans la presse féminine, raconte les choix de vie, le courage et les doutes de douze femmes dans un magnifique livre de témoignages.

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Qu’est-ce qui fait qu’un jour on décide de se consacrer aux autres, de leur venir en aide ? Pourquoi vouloir alléger et se mêler de leurs souffrances ? Pourquoi cette détermination ?
C’est autour de ces questions que Annick Lacroix a construit son livre : Douze femmes qui soulèvent le monde (éd. Albin Michel). Grand reporter, cette journaliste a rencontré et suivi pendant plusieurs années leur engagement. « Ce sont des femmes comme vous et moi, assure-t-elle. Je ne cherche pas à en faire des icônes sur papier glacé. Elles n’ont pas forcément plus d’atouts ou de courage que d’autres. Elles ont rencontré des obstacles, commis des échecs, fait des erreurs, douté de leurs actions. Et pourtant, poussées par une nécessité intérieure, elles sont allées jusqu’au bout et ont changé la vie autour d’elles ! »

Lotti, Simone, Sandra et les autres

Il y a Lotti Latrous, une suissesse cinquantenaire, ex-femme d’expatriée à Abidjan, mère de trois enfants, qui a tout quitté – famille compris – pour créer des centres de suivi et de traitement des malades du sida en Côte d’Ivoire. La marseillaise Lorène Russel, ancienne enfant battue, initiatrice de l’association L’Enfant bleu – Enfance maltraitée, et aujourd’hui de Elavie sur la maltraitance psychologique. Simone Houlbert, la sarthoise retraitée, qui vit en Equateur neuf mois sur douze pour entretenir un potager à 2 600 mètres d’altitude, destiné à nourrir des enfants. Anne-Marie Salomon, une énergique bretonne religieuse et médecin de 73 ans, à l’initiative d’un hôpital dans le désert du Mali, soignant les nomades dont les Touaregs. La vingtenaire Sandra Sanchez, enfant du bidonville de Bogota, à l’origine d’un centre culturel communautaire pour jeunes non scolarisés et personnes âgées. Et toutes les autres… Douze au final « parce qu’il faut bien se fixer des limites, ne pas lasser » signale l’auteure.

L’autre, c’est moi. S’il souffre, je souffre

De beaux portraits de femmes engagées, des humanitaires, même si le mot ne convient pas à Annick Lacroix. « Ce terme véhicule toute une image, des structures, de la politique, des budgets. Alors qu’avec ces femmes-là, on est davantage dans des actions de solidarité fraternelle, dans l’altruisme ». Avec cette idée aussi expliquée dans le livre par Marie de la Soudière, fondatrice à Manille de THEA (Thread of Hope for Economic Advancement) que « l’autre c’est moi. S’il souffre, je souffre ».

Il est bien là, le point commun de ces femmes d’exception, « un seuil de conscience, d’empathie à partir duquel l’autre […] apparaît, avec une espèce d’évidence, comme un semblable […], un autre morceau de cette même pâte qui constitue aussi notre petit moi. »
 

Douze femmes qui soulèvent le monde
Annick Lacroix
Ed. Albin Michel, avril 2009
240 pages, 17 euros

 
 

Exemple : Congé maternité

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