Femmes et création d’entreprise : un rapport relance le débat
Le taux des créatrices de PME/TPE plafonne à 27%. Geneviève Bel de la délégation aux droits des femmes en appelle à une politique plus volontariste.
« Les Etats-Unis ont pris conscience de l’enjeu de l’entrepreneuriat au féminin il y a 45 ans. On ne va pas attendre comme eux pour réagir ! Donnons-nous trois ans pour que le taux des femmes entrepreneures décollent enfin ». Geneviève Bel semblait bouillir d’impatience mercredi lors de la présentation à la presse d’un rapport du Conseil économique, social et environnemental (CES) sur "L’entrepreneuriat au féminin".
Portrait et freins
Ce rapport dresse un état des lieux mais « incomplet par manque de données quantitatives et qualitatives » sur les femmes créatrices d'entreprise. On y apprend qu’elles sont un peu plus de 600 000 sur 2,3 millions de travailleurs indépendants, soit à peine 27%. Elles exercent essentiellement des professions libérales (45%), sont présentes dans la santé, l’action sociale, les services aux particuliers et aux entreprises. Elles se lancent dans la création vers 38 ans, avant tout pour créer leur emploi et possèdent un diplôme supérieur au Bac, contrairement aux hommes. Par contre, bien souvent, elles n’ont pas une expérience professionnelle en rapport avec leur secteur de création et investissent peu au démarrage : moins de 4000 euros.
Une batterie de propositions
Préjugés, déficit de modèles managériaux, difficulté à articuler vie pro et vie familiale, frilosité des banquiers face aux femmes, trop grande prudence des créatrices…, les obstacles repérés sont nombreux. Le CES sous la houlette de Geneviève Bel préconise une palette d’actions tous azimuts : que ce soit dès l’école « pour lutter contre les représentations stéréotypées des rôles hommes et femmes », en passant par l’orientation professionnelles des filles, la valorisation sur un plan national de la femme chef d’entreprise, la création d’une antenne spécialisée sur le sujet au sein de l’APCE avec des relais dans les pôles emploi, le développement de formations en management même à distance, l’ouverture de droits identiques aux salariées en matière d’accès aux halte-garderie et cantines scolaires, etc. Le CES espère aussi la mise en route rapide du Small Business Act pour l’Europe.
Lancement d’un nouveau réseau
Geneviève Bel a également profité de l’occasion pour annoncer le lancement de son réseau. Se voulant très pratique, il est destiné « à toutes les femmes, depuis celles qui ont un projet jusqu’à celles qui ont déjà créé et qui peuvent servir de relais, en passant par les jeunes diplômées ». Le nom de ce réseau pourrait être « L-PME ». A suivre...
Geneviève Bel est Vice-présidente déléguée à l'entreprenariat féminin à la CGPME, présidente de la CGPME des Yvelines et membre de la délégation aux Droits des femmes et à l’égalité des chances entre hommes et femmes.




