Mon associée est aussi mon amie


ParGaëlle Picut, publié le12 octobre 2009

La création d’entreprise n’est pas toujours une aventure solitaire. Elle se conjugue parfois à deux, au féminin. Témoignages et conseils.

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Pendant 8 ans, Nathalie Beaussart a été chef d’entreprise en solo. Elle créait ses propres meubles pour enfants qu’elle vendait dans une petite boutique à Marseille. Puis sa petite entreprise a grandi ! Il y a 2 ans, elle a décidé de s’associer avec Catherine Bunan, une amie de 17 ans. L’enseigne Théo & Inès est lancée ! « Seule, c’était difficile de tout gérer, explique Nathalie. Avec Catherine, nous sommes très complémentaires. Elle s’occupe plutôt de la partie commerciale et facturation, et moi de la fabrication et des dessins. Moralement, c’est mieux à 2 ! Et pourtant, notre entourage a tout fait pour nous dissuader en prédisant que nous allions nous disputer ! ». Catherine est consciente que toutes les associations amicales ne marchent pas. « Mais si cela est fait intelligemment, avec une bonne répartition des tâches, il n’y a pas de raison que cela échoue » analyse-t-elle.

Fixer clairement les règles du jeu

De son côté, Eva Lozano a créé Adkimist, une agence de communication globale, il y a bientôt 3 ans avec sa meilleure amie Marie-Pierre, qui se trouve être également sa sœur. « Nous avions des profils et des compétences complémentaires. Notre association s’est donc faite assez naturellement. Ceci ne nous empêche pas d’avoir des caractères très différents : je fonce, elle est beaucoup plus prudente. Il y a parfois des tensions entre nous. Mais je pense que c’est une vraie chance de pouvoir travailler avec les gens que l’on aime ». Eva et Marie-Pierre ne travaillent pas dans la même ville : l’une à Paris, l’autre à Toulouse. « Il est important que chacune ait son pré-carré et si une hiérarchie est fixée, qu’elle soit claire, fixée juridiquement et assumée par les deux parties » poursuit Eva. Et puis, si un jour, cela ne marche plus, elles se sont promis de se séparer de façon intelligente, sans se déchirer.

Conditions pour réussir à deux
 

daisy_portrait.jpgDaisy Dourdet est chef d'entreprise et la présidente fondatrice de Entreprendre Ensemble, association bretonne pour la promotion et l’accompagnement de l’entrepreneuriat féminin.  Elle est aussi Membre du Conseil Supérieur de l'Egalité Professionnelle en qualité de représentante du Medef et déléguée régional Bretagne de l'association Vivent les femmes.

 

« Pour qu’une telle association marche, les deux amies doivent être bien d’accord sur la philosophie du projet et partager les mêmes objectifs à court, moyen et long terme » estime Daisy Dourdet, présidente d’Entreprendre Ensemble. « D’autre part, il faut une complémentarité de compétences afin de ne pas toujours travailler ensemble mais laisser à chacune un espace de liberté. Il faut également veiller à l’harmonie des tempéraments et des personnalités ». Cependant, Daisy Dourdet souligne qu’une bonne entente, à un instant donné, peut voler en éclat ultérieurement. « Dans l’entrepreneuriat, la créatrice apprend énormément par l’expérimentation. Chacune peut vivre différemment cette découverte. J’ai déjà été témoin d’expériences qui se sont mal terminées car les personnes n’avaient pas évolué pas dans la même direction ».

Enfin, l’amitié, l’affect ne doit pas empêcher de prendre des décisions économiques, dans l’intérêt de l’entreprise. Pour toutes ces raisons, elle estime que ce genre d’association a davantage de chance de réussir en phase de développement que de démarrage. Par ailleurs, force est de constater que les projets portés par les femmes sont le plus souvent de petits projets, peu viables à deux.
 

Exemple : Congé maternité

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