Pourquoi hésitons-nous tant à créer notre entreprise ?


ParValérie Weill, publié le14 septembre 2009

Depuis plusieurs années, la création d’entreprise au féminin ne dépasse pas les 30% en France. Outre les freins classiques comme la peur de l’échec, nous manifestons des doutes qui nous sont bien propres.

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La conciliation des temps de vie lorsqu’on est chef d’entreprise n’est pas si évidente, ni si confortable qu’il n’y pourrait paraître.

La double ou triple journée, c’est encore pour nous !

Cela reste en effet la course le matin pour préparer et emmener les enfants à l’école ou la crèche (quand on arrive à faire valoir son statut pour avoir une place malgré l’absence de feuilles de paye à présenter…), puis la journée de travail avec un rythme soutenu, pour ensuite en fin de journée récupérer l’un à la crèche, l’autre à l’école ou au judo ; sans bien sûr oublier le lot quotidien : les courses pour remplir le frigo, le bain, les devoirs, les repas + la vaisselle, les lessives, le repassage et un brin de ménage pour les moins crevées d’entre nous…

Bien entendu, ce rythme effréné peut être allégé par un conjoint compréhensif et adepte du partage des tâches, mais statistiquement c’est encore loin d’être la majorité…

Fini le confort matériel et financier

Avant de lâcher le confort matériel et financier d’un bon salaire qui tombe à la fin de chaque mois, on y réfléchit à deux fois ! D’autant qu’avec la conjoncture actuelle, nous savons bien que si nous rentrons dans des difficultés financières, nous pourrons affecter notre couple et notre famille.

Il faut donc avoir une foi et une motivation inébranlable en notre projet pour passer vraiment à l’acte.

Les reproches de l’entourage

Il nous est utile d’avoir le fort consentement de notre conjoint. Car sans ce feu vert, nombre d’entre nous stoppons tout, par crainte de déséquilibres dans notre couple.

En effet, le risque est grand de nous voir nous reprocher trop tard notre forte implication dans la phase de démarrage de la société, notre manque de rentabilité au départ et notre indisponibilité pour le reste de la famille, si nous n’avons pas obtenu un réel accord de notre conjoint. Sans compter parfois qu’une petite pointe de jalousie ou d’agacement dans la sphère privée vient poindre devant notre « pseudo liberté »…

Nous pouvons aussi subir le manque de reconnaissance de nos activités de la part de nos proches, car nous peinons à leur faire comprendre que nous travaillons certes à la maison, mais que la maison est donc réellement devenue notre bureau  et pas un lieu de dilettantisme !
Alors, qu’est-ce qui nous pousse à créer notre entreprise ?

Les femmes qui créent leur entreprise ont généralement :

  • un rêve très fort en tête, une bonne estime et confiance en elles, la volonté de relever un défi et d’obtenir de la reconnaissance pour elles mêmes, un désir puissant qui passe au delà de toutes les craintes
  • elles savent s’entourer, chercher des points d’appui, des mentors et développer leur réseau pour ne pas ressentir une trop grande solitude.
  • elles sont prêtes à prendre des risques et disent haut et fort ce qui leur convient ou pas – que ce soit dans le domaine professionnel ou privé.
  • elles savent aussi qu’il faut de la patience pour réaliser les premiers bénéfices, pour trouver le bon rythme de travail, la bonne organisation entre vie privée et vie professionnelle et qu’il faut savoir réadapter régulièrement leurs objectifs à l’évolution de leur business.
  • elles sont particulièrement persévérantes et résistantes face à l’adversité et aux contretemps ; car elles ont conscience d’avoir fait un véritable choix de vie, plus épanouissant, plus riche et plus palpitant que la vie de salariée.

Leur liberté a donc un prix, certes, mais il n’est rien au vu de toutes les satisfactions personnelles qu’elles tirent de leur entreprise et de la fierté du fruit de leur travail.
 

Valérie Weill, dirigeante du cabinet conseil Créateuo, spécialiste de l’accompagnement des créatrices d’entreprise

 

 

Les commentaires
SW
23/09/2009 11:21

... Quel excellent article qui réunit toutes les données fondamentales au basculement "j'y vais / j'y vais pas"...
Je suis presque gênée de me reconnaître dans les caractéristiques de fin, mais il est certain qu'il faut porter, avec cette endurance et cette foi inébranlable, son projet professionnel. Sans penser à récolter immédiatement, mais tout en s'affirmant et en se positionnant comme "bon dans son job". Un exercice d'équilibrisme délicat.
Bravo à Valérie Weill de savoir dire tout cela aux femmes qui doivent l'entendre, et éviter ainsi de renoncer !

Boushira
14/09/2009 16:28

tentant, je me lancerai bien :-) merci pour ce dossier complet

Exemple : Congé maternité

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