Polars au féminin
Les romans policiers ne sont pas un domaine réservé aux hommes. Les femmes aussi excellent dans ce genre de plus en plus prisé des lectrices.
Si les auteures anglo-saxonnes sont les plus connues (hier, Agatha Christie, aujourd’hui, Ruth Rendell, Patricia Mac Donald, Patricia Cornwell, Elisabeth George, Mary Higgins Clark, Judith Kelman, Minette Walters, P.D. James…), les Françaises ne sont pas en reste. Elles investissent tous les genres du roman policier.
« A l'exception du roman noir, les femmes ont été les pionnières de tous les genres du roman policier, à savoir l'énigme, le suspense psychologique, le détective en chambre, le noir judiciaire, le thriller, le dime novel * » indique Claude Mesplède, co-auteur du Dictionnaire des littératures policières (Ed. Joseph K, 2008).
Noir, historique ou thriller
Aujourd’hui, difficile de trouver un point commun à toutes ces femmes en dehors de leur talent pour certaines ! En France, selon Claude Mesplède, les auteures dominent dans trois principaux domaines : le thriller (mais plutôt moins que les hommes) comme Brigitte Aubert, Andrea Japp , Maud Tabachnik ou Christine Adamo, le roman policier historique (Viviane Moore, Tran Van Nuth, Claude Izner) ou encore le roman noir (Dominique Manotti, Chantal Pelletier, Stéphanie Benson, Dominique Sylvain). Sans parler bien sûr de l’inclassable et talentueuse Fred Vargas.
Souvent sensibles à la psychologie de leurs personnages, les auteures françaises savent nouer des énigmes, des enquêtes et des atmosphères tout aussi tortueuses et palpitantes que leurs homologues masculins, tout en veillant à la qualité de l’écriture.
Primées
Certaines ont un personnage principal récurrent, policier, détective, procureur ou médecin légiste. Il s’agit tantôt d’un homme (le commissaire Adamsberg chez Fred Vargas, Guido Brunetti chez Donna Léon), tantôt d’une femme (Kay Scarpetta chez Patricia Cornwell, Helen West chez Frances Fyfield ou encore Jane Rizzoli chez Tess Gerritsen). Des héros aux vies personnelles souvent compliquées et un peu cabossées. Bref, les romancières de polars n’hésitent pas à plonger leurs lecteurs au plus profond de la nature humaine, au cœur de sa folie, de sa violence et de ses perversions. Elles sont d’ailleurs de plus en plus nombreuses à récolter des prix comme la suédoise Camilla Läckberg qui a été doublement primée en 2008 (Grand Prix de Littérature policière et Prix Polar International à Cognac) ou la française Karine Kiebel qui a reçu le Prix SNCF du polar l’an passé.
Voici une petite sélection (forcément subjective) pour plonger au cœur du polar au féminin :
- Fred Vargas (française) : L’homme aux cercles bleus, Pars vite et reviens tard, Debout les morts
- Brigitte Aubert (française) : Funérarium, La mort des bois, Les quatre fils du docteur March, Le couturier de la mort
- Dominique Manotti (française) : Lorraine Connection, Sombre sentier, Le corps noir
- Christine Adamo (française) : Requiem pour un poisson, Noir austral
- Donna Léon (américaine mais ses intrigues se déroulent en général à Venise) : Mort à la Fenice, Mortes-Eaux, Péchés mortels, Le meilleur de nos fils
- Tess Gerritsen (américaine) : Le Chirurgien, L’apprenti
- Mo Hayder (britannique) : Birdman, L’homme du soir, Tokyo
- France Fyfield (britannique) : Ombres chinoises, Apparences trompeuses, En pleine lumière
- Camilla Läckerg (suédoise) : La princesse des glaces, Le prédicateur
Bon à savoir :
Deux sites consacrés aux femmes auteures de polars :
Polar Feminin et Polar de Femme
Le site personnel de Marie Clémentine Thiebaud, très complet et vivant : Noir comme Polar
* dime novel (« roman à trois sous » anglophone, en anglais, une dime est une pièce de 10 cents) englobe différentes formes de publications de fictions populaires de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle aux Etats-Unis. Il est l’ancêtre des romans de gare.
Première publication le 2 octobre 2009




