Ces femmes qui font un métier d’homme (5/5)
Après avoir décroché une licence en mathématiques en Algérie, Nabila Lefeuvre, 42 ans, débute sa vie professionnelle en tant que commerciale. Mais c’est finalement dans l’informatique qu’elle se spécialise.
Pourquoi vous êtes-vous tournée vers l’informatique ?
Ma licence en poche, j’ai commencé à travailler en tant que commerciale. Mais j’avais envie de revenir vers un métier plus technique. J’ai donc fait un bilan de compétences qui m’a orienté vers l’informatique. Après une formation de quelques mois, j’ai intégré Claranet en tant que technicienne informatique. Depuis j’ai évolué : je suis ingénieure réseaux.
L’image plutôt masculine du métier ne vous a pas rebuté ?
Non, je ne le voyais pas comme pas un métier réservé aux hommes. Le travail se rapprochait beaucoup de mes premières études, les mathématiques. Et puis j’avais un ordinateur chez moi. Ça ne m’était pas totalement inconnu. L’informatique, ce n’est pas comme le bâtiment : il ne s'agit pas d' une activité physique. Si on m’avait demandé de porter du matériel, j’aurais refusé !
Avez-vous eu des difficultés à vous intégrer en tant que femme ?
Je viens d’un pays où la femme n’a pratiquement aucun droit. C’est en quelque sorte une chance parce que j’y ai appris à me faire respecter. Chez Claranet, je suis seule parmi soixante-dix techniciens. Au début, j’ai dû me faire ma place. Car, contrairement à un homme, il faut produire trois fois plus d’efforts en tant que femme pour avoir une reconnaissance. Mais, si au début il y avait certaines appréhensions, elles se sont estompées. Et je pense que mon caractère doit y être pour beaucoup : je vais de l’avant, je montre que je suis capable et que je sais faire.
Avez-vous noté une évolution concernant la place de la femme dans l’informatique ?
Quand j’ai commencé, il n’y avait pas beaucoup de femmes. Encore aujourd’hui il y en a toujours très peu : dans les recrutements, on ne reçoit quasiment jamais de CV féminins. Pourtant il existe des femmes pilotes ou ouvrières, alors pourquoi pas des informaticiennes ? J’espère qu’il y en aura plus à l’avenir. Il le faut !
Etre une femme dans l’informatique, c’est un atout ou un inconvénient ?
Ni l’un, ni l’autre. C’est un métier que toute femme intelligente peut faire. Cela demande uniquement de la logique et de la patience.
Faut-il une certaine force de caractère pour y arriver ?
Oui, mais c’est la génération qui le veut. J’appartiens à une tranche d’âge où les femmes doivent s’imposer pour montrer qu’elles sont l’équivalent d’un homme professionnellement. J’ose espérer que pour la jeune génération ce n’est plus le cas, qu’elles sont considérées comme leur égal.
Lire d'autres portraits :
- Claire Gibault, chef d'orchestre
- Alix Chaignon, pilote de chasse
- Dorothée Devigne, électricienne
- Catherine Langlais, responsable juridique




05/02/2010 11:36
oh nabila, fais attention tes chevilles vont gonfler !
04/02/2010 21:49
bonjour, une femme de caractère et ça se voit ! il en faut pour s'intégrer au milieu de 70 hommes !! Quel courage. LOR
04/02/2010 19:42
bravo Nabila, c'est bel et bien notre caractère qui nous permet de faire notre place, et non pas notre féminité... je suis d'accord avec vous:toujours avancer! ;)
04/02/2010 17:10
Bravo !! Continuez ainsi ! Il n'y a que trop peu de femmes dans ce secteur c'est évident. Merci pour ce retour d'expérience.