Le retour à l’emploi des femmes expatriées
Après quelques années passées à l’étranger, les femmes peuvent avoir du mal à réintégrer le marché de l’emploi. Témoignages et conseils pour rebondir.
Après une expatriation, le retour en France n’est pas toujours rose. « On constate généralement un contre-choc culturel, analyse Sabine David, co-fondatrice de Femmes-expat communication, un réseau qui aide depuis 10 ans les femmes tout au long de leur expatriation et impatriation. Elles ne reconnaissent pas tous les codes, l’entourage proche n’a pas toujours une écoute attentive et le regard social n’est pas forcément bienveillant. Cela se ressent aussi au niveau professionnel ». Vinciane, jeune femme belge de 35 ans, qui vient de passer 2 ans et demi à Lisbonne, confirme se sentir parfois un peu en décalage avec celles qui ne sont pas parties et qui ont du mal à appréhender ce qu’elle a vécu. C’est la raison pour laquelle elle fréquente (virtuellement) Femmexpat, fort de 3 000 abonnées.
L’entreprise ne valorise pas cette expérience à sa juste valeur
Réintégrer le monde du travail constitue l’une des principales difficultés, surtout si l’expatriation a été longue et si elles ont quitté une situation professionnelle stable pour suivre leur conjoint. « Elles pensent être auréolées de leur expérience, mais dans la réalité, cela ne se passe pas du tout comme cela. Elles ne sont pas accueillies à bras ouverts, parfois par jalousie, parfois par méconnaissance et l’entreprise ne valorise pas cette expérience à sa juste valeur » estime Aude Huret. Ayant elle-même connu plusieurs expatriations, dont une à Munich un peu difficile, à l’issue de laquelle elle a dû tout à reconstruire de retour en France, Aude s’est spécialisée dans l’accompagnement des femmes expatriées. Par ailleurs, il n’est pas toujours facile de justifier une telle coupure dans le CV et de combattre les préjugés de certains employeurs qui pensent que les femmes d’expat se prélassent au soleil…
« Mon rôle est de les aider à tirer pleinement parti de la richesse de ce séjour à l’étranger et dont elles n’ont pas forcément consciences, explique Aude Huret de Coach Expat. Au niveau professionnel bien sûr pour celles qui ont travaillé (expérience d’une autre culture, d’une autre langue…) mais plus globalement toutes les dimensions qu’elles ont acquises tant au niveau du savoir faire que du savoir être, que ce soit dans la vie quotidienne, associative, etc. Souvent elles ont déployé des trésors de patience, de diplomatie, des capacités d’adaptation, de souplesse. Ce sont tous ces talents à décliner et ces compétences qu’il faut mettre en avant auprès des employeurs ».
Préparer le retour dès le départ
De son côté, Femmexpat propose une journée « coup de pouce », par groupe de 7 femmes maximum. L’objectif : valoriser l’expatriation et trouver des points d’appui pour rebondir professionnellement. « Nous les aidons à reprendre confiance en elles et à bien clarifier leur propre communication. Il s’agit de valoriser les apports de cette expérience pour convaincre l’employeur ». Par la suite, un accompagnement personnalisé leur est proposé avec des coachs ou consultants en ressources humaines. Plus globalement, Sabine David recommande « de préparer le retour dès le départ ». Durant l’expatriation, il s’agit de ne pas se couper de son réseau, de réfléchir à ce que l’on va pouvoir faire qui pourra être valorisé au retour (formation, apprentissage d’une langue..) et de se tenir informé du marché.
Changement de cap
Mais cette expérience peut également être l’occasion de réfléchir à de nouveaux projets, à une nouvelle orientation professionnelle. Ainsi une assistante sociale a profité de ses deux années au Laos pour changer complètement de voie. Elle s’occupe désormais d’alphabétisation auprès des populations étrangères en France. Telle autre qui avait pris goût à l’autonomie a créé sa petite entreprise. Vinciane a également profité de ce séjour lointain pour expérimenter d’autres talents qui l’ont fait grandir et évoluer. Elle a ouvert son blog et publié un livre pour enfant. « Je sais que j’ai pris un grand risque en quittant un emploi stable de chef de projet à la CCI pour suivre mon mari. Mais cette aventure a été très positive et je suis confiante dans ma réinsertion ».




24/11/2009 16:55
Penser au retour avant de rentrer est un très bon conseil, penser également au retour comme a une nouvelle expatriation !
Catherine/vagabondes.fr
30/10/2009 09:22
Très intéressant votre concept! Et que dire de celles qui comme moi ont non seulement 13 ans d'expatriation , y sont toujours , ne rêvent que d'une chose : rentrer. Mais rentrer, quand les enfants sont élevés,
que le mari doit encore rester , lui,
c'est être définitivement coupée de tout ce que l'on a construit,
face à soi même,
souvent sans identité sociale et professionnelle précise
travailler devient un besoin urgent, profond..
Qui a besoin de nous?