Rachelle Caron, 57 ans, assistante ménagère
Cette autodidacte assure s’épanouir dans son métier même s'il n'est pas reconnu à sa juste valeur.
Rachelle Caron débute comme employée de maison à l'âge de 14 ans. Elle ne s’arrêtera que pour s’occuper de ses 3 enfants. « J’ai ensuite été nourrice durant 7 ans. Mais ma situation familiale difficile m’a obligée à me remettre en question » se remémore-t-elle. La jeune femme teste alors différents métiers : en cabinet immobilier, puis au CCAS* auprès des personnes âgées où elle a un déclic. « Je dois avoir la fibre, car j’aime apporter une aide, un service à la personne. C’est pour moi primordial ! » souligne Rachelle, qui adopte d’emblée le travail d’aide à domicile. « J’ai suivi longtemps plusieurs personnes, en me rendant chez elles afin de prodiguer soins, écoute, mais aussi faire les courses, le ménage… Il m’est aussi arrivée de devenir gouvernante, en me chargeant de toute l’intendance. Je faisais alors comme partie de la famille », se souvient-elle.
J’étais comme la fille de la maison
Toujours très investie, Rachelle ne compte pas souvent ses heures lorsqu’il s’agit de rendre service jusqu’à jouer parfois le rôle de maman. « Je fais le ménage chez un jeune célibataire endurci. J’ai dû lui expliquer comment ranger un minimum et nettoyer la place, avant de pouvoir commencer le ménage. Mais je l’ai peu à peu dompté ! Il fait des efforts et me dit que je lui rappelle sa mère… ». Malgré tout, Rachelle s’est sentie trahie le jour où une personne âgée chez qui elle se rendait depuis des années la congédie sans prévenir durant un arrêt maladie. « J’ai tout fait pour lui : 6 heures par jour, jusqu’au jardinage, la vaisselle… J’étais comme la fille de la maison. Cela a été très dur, mais cela m’a fait grandir ».
Je me suis professionnalisée
Rachelle décide alors de se diversifier et rejoint le groupe O2, prestataire de services, où elle commence par quelques heures de ménage et repassage. « J’aime beaucoup mon travail car je change de maison régulièrement. Je me suis professionnalisée, car j’aime quantifier le travail, je suis très organisée. J’arrive toujours à faire sur mes plages horaires le ménage et le repassage selon le niveau de prestation demandé par le client » détaille Rachelle, qui adore voir son travail bien accompli. Du jeune couple aux personnes âgées, Rachelle se rend à différents foyers, où son sens de l’adaptation fait des merveilles : « Une cliente chez qui j’avais travaillé a déménagé et a insisté pour faire de nouveau appel à moi. Cela m’a fait très plaisir ! ».
Reconnaître la pénibilité du travail
Professionnelle, l’assistante ménagère, payée au Smic horaire (8,82 euros), fixe aussi ses limites : « Le client doit parfois se remettre en question car on ne peut pas faire de miracle et rendre une maison très sale rutilante en 3 heures ! J’aime rendre service, mais à condition qu’on me respecte ! » tempête Rachelle, qui reconnaît la pénibilité de ce travail. « Il faut être en bonne santé pour faire 6 à 8 h par jour, le minimum pour un salaire correct. Comme j’approche de la retraite, j’envisage de devenir formatrice en… perfectionnement et techniques de repassage ! Et oui, le repassage c’est ce que je préfère ! » s’amuse Rachelle.
Il ne faut pas faire ce métier par défaut
Comme de nombreux employeurs du secteur, O2 s’est impliqué afin de professionnaliser ces métiers de service. « J’ai suivi une formation au ménage écologique, et prochainement ce sera pour devenir formatrice : je pourrai transmettre mes connaissances et évoluer, je m’en réjouis ! », ajoute l’assistante ménagère qui conseille sa profession, à condition d’avoir la fibre. « Il ne faut pas faire ce métier par défaut, car il nécessite des qualités : discrétion, organisation, il faut avoir l’habitude de gérer un intérieur, ce qui exclut parfois les jeunes. Etre une femme d’un certain âge a toujours été un atout pour ce métier, axé sur la confiance et traditionnellement féminin ! ». Car même si le regard du grand public a changé, et que les hommes de ménage ne sont plus si rares, « il reste encore beaucoup à faire ! Tant que nous ne bénéficierons pas d’une convention collective, notre travail ne sera pas reconnu à sa juste valeur ! » conclut Rachelle.
* Centre communal d’action sociale




