Valérie Gans, une expatriée devenue romancière
La vie d’expatriée au Moyen-Orient, Valérie Gans connaît. Une cage dorée qu’elle a réussi à fuir grâce à l’écriture de son premier roman. Récit.
©John Foley/Opale
Avant de devenir romancière, Valérie Gans a vécu quelques années au Moyen-Orient. À l’époque, en1997, elle vient de fermer l’agence de communication créée dix ans auparavant. Suite à des déconvenues professionnelles, son mari, devenu ex-mari depuis, saisit une opportunité de job à Riyad. Elle et ses deux filles résideront près de trois ans en Arabie Saoudite, puis trois autres années à Dubaï.
La peur des brigades de la vertu
Les années passées dans le Golfe laissent un souvenir mitigé. D’une part, Valérie Gans juge sévèrement la vie d’expatriée. « C’est un univers composé de microsociétés de Français, d’Anglais et autres nationalités qui ne se mélangent pas et vivent dans des zones sécurisées, isolées du reste du pays. » D’autre part, elle raconte les femmes, Saoudiennes ou pas, le moins souvent hors de chez elles, de peur de rencontrer la police religieuse, chargée de la « promotion de la vertu et de la prévention du vice ». Une police dont la mission consiste à appliquer scrupuleusement la charia, la loi islamique. « Des brigades d’une arrogance incroyable, qui tapent sur toutes celles qui ont le malheur de montrer le moindre bout de chair. » Au cours de ses échanges avec des Saoudiennes de la haute société à qui elle donne des cours de français, elle se rend compte que ces femmes légitiment les rapports hommes femmes instaurés dans leur pays à leurs dépends. « Elles sont notamment persuadées que les lois et les codes en vigueur empêchent les hommes de les harceler. »
Premier roman
Certes, Valérie Gans déteste son passage dans cette région du globe, mais elle reconnaît pourtant un aspect très positif à cette longue parenthèse. Elle l’a incitée à écrire. « Il est très difficile pour une femme de travailler en Arabie Saoudite, on ne peut pas conduire, se déplacer… c'est limitant. Mais je ne pouvais rester inactive. » Certaines compatriotes s’occupent en rempaillant des chaises ou autres activités. « Mais moi je suis nulle en travaux manuels ! Je me suis donc mise à écrire, la seule chose que je me sentais capable de faire. » Son premier roman, La vie crumble, écrit sous le nom de Valérie McGarry, prend corps là-bas. Sur le ton de la comédie, elle y décrit les futilités de la vie parisienne qu’elle connaît bien mais dont elle se sent loin. Deux éditeurs renommés s’intéressent à son premier manuscrit. Finalement, la maison d’édition J.C. Lattès lui propose un contrat.
De l’encre et… du vin
Depuis, Valérie Gans n’a cessé d’écrire. Son dernier roman, L'Enfant des nuages, traite d’un sujet sensible, les mères porteuses. Elle coécrit une pièce de théâtre, Le temps des asperges, qui devrait voir le jour prochainement grâce à Thierry Lavat, le metteur en scène de Bent, pièce récompensée aux Molière. Dans les tiroirs, un projet de scénario. Par ailleurs, Valérie Gans rédige des chroniques hebdomadaires dans la rubrique « livres » du magazine Madame Figaro. Corde supplémentaire à son arc, elle participe à la vente de vin grâce à son réseau d’importateurs à Dubaï. Drôle d’idée ? « Comme on avait du mal à trouver du vin surtout en Arabie Saoudite, on en fabriquait nous même avec du jus de raisin. C’était imbuvable ! » Alors… Une manière originale de garder un lien avec le Moyen-Orient.
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